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La mise en œuvre pratique de son trading

 Le déroulement complet du trading de Sylvain sera décrit dans la troisème partie Mon approche trading en pratique.

Cette description reprendra linéairement les différentes étapes opératoires de son trading en partant des aspects pratiques (brokers et providers de flux et de news, matériel et emploi du temps), puis en mettant en évidence les spécificités de son mode d’intervention selon le plan suivant :

– identification de la tendance principale sous jacente du marché (zoom des principaux indices sur plusieurs unités de temps et illustrations commentées, tendance primaire et tendance secondaire) ; Sylvain se demande qui des haussiers ou des baissiers a la main ;

– suivi de ses valeurs favorites (quelles sont-elles et quelles sont leurs caractéristiques et spécificités en termes de prédictibilité et de volatilité ?). Ces valeurs sont celles qui ont été les plus utilisées au cours des Trophées Capital de la Bourse 2004 et 2005 ;

– rôle de l’actualité macro et microéconomique (l’utilisation du flux de news macro et micro, l’approche fondamentale des valeurs tradées, ses commentaires sur les approches growth et value), comment il joue l’augmentation de capital (AK) de certaines sociétés recapitalisées, enfin, une approche très originale dans l’utilisation contrarienne des publications comptables des sociétés etc. ;

– la prise de position et le débouclage : pour l’entrée longue sur une valeur, la méthode du 1-2-3 à l’achat, suivi du 1-2 à la vente ; son sens de l’anticipation sur les configurations chartistes afin de prendre de l’avance sur le marché et se constituer une marge de sécurité ;

 

son money management, qui a beaucoup évolué cette année par rapport à mes premières visites de 2004 : une protection souple et flexible, suivi de la reprise d’une analyse des risques de l’overnight avec son point de vue sur les avantages entre l’intraday et l’overnight en trading de court terme ;

– enfin, Sylvain nous détaillera son trading en marché haussier et dans un environnement bearish, en insistant sur le fait que les marchés baissiers sont tout de même plus délicat à trader, puis il présentera son trading en période de crise.

D’un point de vue pratique pour finir, Sylvain présentera dans la quatrième partie Mes trades commentés ses principaux trades gagnants et perdants réalisés pendant l’édition 2005 des Trophées Capital de la Bourse, avec des commentaires personnels justifiant la prise de position, jusqu’au débouclage, toujours selon l’articulation triptyque récurrente dans ce livre : des configurations de continuation de tendance, d’hésitation sur la tendance et de retournement de tendance ; on pourra donc retrouver quelques trades exceptionnels de Sylvain réalisés entre janvier 2005 et février 2006.

Enfin dans une cinquième et dernière partie, Tentative de modélisation de l’approche de trading de dioup, j’essayerais de synthétiser sous la forme d’un algorithme l’approche théorique, pratique et psychologique de Sylvain (chapitres 1 à 7) ; enfin dans le chapitre 8 une série de cinq grands tableaux récapitulatifs finaux reprendra de façon synthétique les principales spécificités pertinentes de Sylvain selon le plan suivant :

– principes de base et mode d’intervention [1]

– spécificités méthodologiques, scénarii de trading typiques [2] ;

– principes de money management et règles prudentielles [3] ;

– approches psychologiques personnelle et du marché [4] ;

– limites et évolutions possibles de son mode d’intervention [5].

 

En annexes enfin, on trouvera d’abord un rappel des petites phrases de dioup en une version actualisée 2007 (annexe 1) ; l’annexe 2 est d’un intérêt particulier car elle met en relation des traders qui se connaissent bien : il s’agit d’une rencontres trading entre Sylvain Duport, Vincent Baron et Carim Joomun, à Paris en juillet 2006, dont une synthèse thématique des échanges a été élaborée par Hervé Asparre ; l’annexe 3 est une interview de Sylvain Duport donné au Journal des Finances (semaine du 5 mars 2005) ; enfin l’annexe 4 est le classique désormais mais très complet et actualisé glossaire des principaux termes financiers, boursiers et trading employés, qui permettra aux débutants voire aux avancés (?), de préciser des définitions de notions trading inconnues ou oubliées ; cet ouvrage se termine par une bibliographie de mes ouvrages, une table des matières etc.

Je suis né à Melun en Seine et Marne, le 10 novembre 1978. J’ai une grande sœur, mon père est cadre dans une société de crédit, il est également moniteur de plongée sous-marine ; ma mère tenait une boutique de robes de mariés.

J’ai toujours eu un goût prononcé pour le sport, et j’ai eu plutôt un bon niveau en athlétisme, discipline que j’ai pratiquée pendant des années de l’adolescence jusqu’à mes 23 ans ; pour anecdote mon record personnel au 100 mètres est de 11 secondes et 2 centièmes ; cette pratique sportive m’a sans doute donné le goût de l’effort personnel et de la persévérance, du travail sur soi-même ; j’ai également toujours eu un intérêt pour l’informatique, les logiciels de stratégie et de simulations, et les simulations de gestion ; comme beaucoup d’adolescents, j’ai connu la passion des jeux vidéo ; tous ces intérêts anciens ont eu un impact sur mes motivations boursières qui ont suivi un peu plus tard dans le temps ; de là à dire que pour moi, la Bourse c’est un jeu en temps réel et pour de vrai, il n’y a qu’un pas que certains franchiront certainement.

Ce qui est certain, c’est que j’ai le goût du jeu, que ce soit en sport, pour les jeux, et bien sûr, pour la Bourse ; l’intérêt de la Bourse c’est que l’action est précédée de la réflexion (émettre une hypothèse et chercher à la valider, anticiper les réactions du marché et avoir raison avant les autres) ; finalement, je peux dire que la Bourse a été un prolongement logique par rapport à mes centres d’intérêt initiaux et qu’elle s’inscrit bien dans ma maturation personnelle.

 

 

J’ai eu une scolarité assez moyenne et on peut dire que je n’étais pas très bon en cours ni un élève très brillant : après une scolarité normale et sans histoire en primaire, hormis le redoublement du Cours Préparatoire pour cause de dyslexie et de bégaiement, les classes de Quatrième et Troisième en collège ont marqué le début de la baisse de mon niveau scolaire ; au lycée, après une Seconde désastreuse où l’on me refuse même le redoublement lors du dernier conseil de classe, on me propose une réorientation en BEP, en lycée professionnel, en prétextant que je n’étais pas assez bon en maths et que je n’avais aucune motivation pour les longues études ; je fais appel et j’obtiens de justesse le passage directement en Première STT (Gestion Comptabilité) ; j’obtiens quand même mon BAC STT avec une moyenne de 11,40 et mon niveau en anglais et en maths s’améliorera progressivement.Concernant le post-BAC, je choisis un prolongement d’étude cohérent avec ma formation initiale, dans un IUT de Fontainebleau : le DUT en Gestion des Entreprises et des Administrations (GEA), avec une spécialisation en seconde année en Finance et Comptabilité ; j’obtiens le DUT avec une moyenne honorable de 11,28.

Mon intérêt pour la Bourse s’étant accentué pendant mes années d’IUT, j’envisage, après le DUT, un projet de job boursier ; je passe donc le concours-passerelle spécifique à la MSG que j’obtiens de justesse avec 60,50 sur 120 (entre BAC + 2 et le niveau II universitaire Licence-Maîtrise) ; je réussis donc à intégrer la formation Maîtrise en Science de Gestion Finance (Paris XI) après les derniers entretiens, mais je rencontre quelques difficultés la première année, surtout à cause, encore une fois, des maths, une matière qui m’a toujours posé quelques problèmes à partir de la Quatrième ; le droit et l’économie me posent également des difficultés et je rame sans cependant renoncer ; c’est sûr, je ne suis pas un surdoué pour les études, mais je m’accroche quand même !

 

Il faut bien reconnaître à ma charge que je n’ai jamais été un gros bosseur et que j’avais tendance à choisir mes matières, dès lors, je ne devais pas non plus m’attendre à des résultats très élevés ; j’ai toujours travaillé de façon sélective, presque uniquement ce qui m’intéressait et surtout je passais beaucoup de temps à suivre déjà la Bourse la journée et le sport le soir, pour ne pas dire qu’il m’arrivait parfois de sécher les cours…L’amplitude de mes notes allait de 0,5 sur 20, à 18 sur 20 en comptabilité analytique, c’est dire la disparité de mon niveau qui correspondait en gros à mes centres d’intérêt et au travail fourni, très variable.La seconde année de ce cursus, j’ai été ajourné avec une moyenne de 9,85… Il ne me manquait que cinq points ; c’était vraiment rageant ! J’ai récupéré les cours qui me manquaient auprès d’une amie (merci Valérie) et je me suis remis au travail de façon intensive pour repasser en septembre les six matières pour lesquelles je n’avais pas eu la moyenne, pour finalement décrocher ma Maîtrise Sciences Gestion avec 12,10 de moyenne et la mention AB, à ma grande surprise.

Pour le troisième cycle, j’hésitais un peu entre un DESS Finance à Evry, proche de mon domicile, et une autre formation ; j’ai choisi un Master Finance et Marchés des Capitaux à Saint Ambroise à Paris dans le 11ème arrondissement, à l’Ecole Supérieure de Gestion (ESG) qui est un établissement privé. Après une année sérieuse de travail, j’obtiens en 2002 12,93 points de moyenne générale et je décroche mon diplôme de Troisième cycle universitaire.

Après cette année très profitable et ce succès, je décide d’en arrêter-là pour ce qui est de mes études supérieures ; si l’on considère mon niveau scolaire de départ plutôt moyen et sans éclat, je m’en tire plutôt bien à l’arrivée ; mes études scolaires et universitaires me laissent un bon souvenir et peu de regrets ; j’ai eu des moments plus difficiles que d’autres où ça s’est joué sur le fil du rasoir (en particulier mon passage en Première STT et mon ajournement en Maîtrise), mais tout, au bout du compte, s’est bien terminé.

 

Je pourrais préciser enfin que ces formations post BAC (IUT, MSG, ESG), bien que de grande qualité, ne m’ont pas vraiment beaucoup servi directement pour mon activité de trading ; si les connaissances comptables du DUT me permettent de mieux comprendre un compte de bilan ou de résultats et mes acquis relatifs au fonctionnement des marchés des capitaux (MSG/ESG) de mieux maîtriser l’environnement des marchés, tout cela reste bien théorique et n’apprend pas réellement à trader ; il ne faut pas attendre de ce type d’étude une approche pratique des marchés actions, seulement des acquis théoriques nécessaires mais cependant sans grand rapport avec la réalité concrète et quotidienne des marchés ; je dois bien reconnaître que sans ces études je n’aurais sans doute jamais acquis la rigueur et la discipline qu’il faut pour devenir un bon trader.

Mon entrée en trading

Mon expérience du marché est relativement récente ; je me suis intéressé à la Bourse pendant la bulle spéculative ; j’ai subi son éclatement comme beaucoup d’autres, et j’ai perdu beaucoup en 2000 et 2001 ; ma période universitaire à l’IUT de Fontainebleau marque en fait mes premiers intérêts boursiers et mes premiers placements vers l’âge de 19-20 ans : je suis la cote des valeurs avec beaucoup d’intérêt et une réelle curiosité ; cette activité correspondait à mon côté joueur et à une certaine représentation de la bourse-casino ; l’été 1999 je peux suivre l’évolution des actions avec un décalage de 15 minutes sur Internet, et je commence à m’intéresser au fonctionnement des marchés des actions ; je pensais à l’époque que placer son argent à 3% annuels sur Livret A ou Livret Jeunes alors qu’on pouvait prendre 10% dans la journée sur une valeur, c’était peu judicieux ; gagner en quelques minutes la performance d’un an de placement sécurisé, ça fait quand même réfléchir… Le principal ressort de ma motivation était, comme pour beaucoup d’autres, l’appât du gain et de l’argent a priori facile, mais avec la conscience de la rapidité de la perte aussi.

Mes premiers achats se sont portés sur des valeurs comme Air France et Renault, sur conseil de mon banquier, je gère un portefeuille tranquille de père de famille, avec essentiellement des belles valeurs du CAC du type valeurs de fond de portefeuille ; en 1999 j’ai accès au site boursier de Fimatex en temps réel, mon premier broker, puisque j’étais client en compte courant à la Société Générale ; c’est à ce moment-là que je découvre le direct sur les marchés et la possibilité de l’effet de levier que je commence à utiliser sur ST Microelectronics et Ubi Soft Entertainment, avec des gains importants à la hausse : 30000 francs le premier mois ; une approche naïve mais gagnante, dans un marché bullish où tout monte plus ou moins : j’achète, ça monte, c’est super !

 

Début 2000 quand la Bourse est encore dans une configuration haussière je prends du Liberty Surf, comme tout le monde, et du Elior ; sur Liberty Surf, j’ai connu ma première grosse désillusion : achat à 70 euros, le cours poursuit son ascension jusqu’à 79 euros le lendemain, le plus haut historique de mars 2000, avant de baisser inexorablement à partir d’avril, avec une accélération baissière en mai ; vente en catastrophe de la valeur vers 35 euros en mai de la même année ; de 80000 francs d’économies personnelles (jobs d’été pendant 4 ans plus rémunérations de stages), plus 70000 francs de prêt des parents pour essayer de couvrir les positions chaque semaine, tout ça en levier 5, je me retrouve avec le compteur sous zéro et une moins-value de 105% ! De cette douche froide, qui non seulement vide mon compte mais m’endette auprès de mes proches, j’arrête la Bourse et, dépité, je reprends mes études ; bien que je ne boursicote plus pendant un certain temps je continue à suivre le marché de près.

En 2001, ma mère me prête 50000 francs malgré mon précédent désastre et je me remets à acheter SEMA Group sur rumeurs d’OPA aux alentours des 6 euros, en levier 4 ; l’OPA a bien eu lieu et je vends à 8,90, ce qui me procure un gain d’environ 50% x 4 = 200% en pourcentage, soit plus de 19000 euros, nets de frais (120000 francs) : pas mal, le vent tourne, je me refais un peu.

Cette belle revanche sur le sort me redonne espoir, et dans un excès de confiance, considérant que la baisse du marché était finie, je me relance dans les achats en me diversifiant davantage : achats en levier 5 de FI-System (Nouveau Marché) à 13 euros, d’Alcatel à 50 euros et de Bouygues à 60 euros ; vente en catastrophe pour défaut de couverture quelques semaines après, je reperds donc tout, c’est le retour à zéro dans la douleur et la déception ; la perte sèche est de 170000 francs (les 50000 francs plus les 120000 francs de plus-values).

 

 

Pour ce qui est du flux et de l’analyse graphique j’utilise la plateforme ProeRealTime en streaming qui est un bon compromis très maniable et très claire.

J’apprécie le site boursorama.com en tant que provider d’informations boursières en temps réel, en général en avance sur les autres sites boursiers ; en France Boursorama est devenu le portail d’informations boursières quasi officiel, le plus important, le plus consulté par le grand public et même par les professionnels ; ce statut particulier lui confère une certaine légitimité cependant capital.fr et boursier.com sont loin d’être négligeables.

Rien à voir avec ce que l’on peut trouver dans une salle de marché, je suis équipé comme n’importe quel particulier : un PC de bonne puissance et d’une carte biécran me permettant de visualiser les analyses techniques d’une part et de suivre les carnets d’ordres d’autre part ; ma connection Internet est du haut debit ADSL ; aucune comparaison donc avec les connections satellites des salles qui ont vraiment du temps réel au dixième de seconde.

Sur ce carnet de préouverture, MX confronte les acheteurs et les vendeurs à tout prix avec leurs quantités correspondantes ; OUV est la même chose pour les odres au prix du marché ; les ordres à cours limités apparaissent, quant à eux, avec le prix demandé ou offert et les quantités correspondantes ; la pression en préouverture est haussière en raison de la résa hausse (titre réservé à la hausse), des quantités acheteuses à tout prix/au marché (83382 titres) et exécutables à l’ouverture à tout prix/au marché (15544 titres).

Les différents brokers ont tous leurs avantages et leurs inconvénients : Boursorama, Dubus, Cortal, etc. ; si je possède personnellement plusieurs comptes différents chez plusieurs brokers c’est bien qu’aucun n’est parfait et qu’ils ont tous leurs points forts et leurs limites ; c’est à chacun de trouver le meilleur pour lui-même.

Un nouvel intervenant est apparu : il s’agit d’un broker américain (Equity Trading) distribué par New-Broker.com en langue française, et qui permet, avec une plateforme professionnelle (AxisPro) de trader les actions d’une dizaine de pays dont la France mais également les futures et les options multi-marché et multi-devises ; une petite révolution ; j’utilise cet outil car il permet de bien rentabiliser son capital sans l’éparpiller ; usuellement il faut un compte à part pour trader les futures ; certaines combinaisons sont possibles : vous êtes long Total, et après 17h30 une nouvelle sur le pétrole fait baisser le secteur aux USA ; vous pouvez vous couvrir immédiatement en shortant total sur le marché US ; un autre exemple : si le marché baisse vous pouvez couvrir en shortant le future sur le même outil sans perdre de temps.

 

Je ne fais pas trop attention à ces transactions même si elles ont lieu, je ne suis pas fondamentalement un tape reader ou lecteur de carnet d’ordres comme Vincent Baron ; le carnet n’est pour moi qu’un outil complémentaire dans le processus de décision surtout au moment de prise ou de débouclage de position ; ce sont les approches fondamentale et graphiques qui restent dominante dans mon trading.

 

On ne sait jamais qui achète et qui vend au carnet cet instrument reste quand même très opaque et très hermétique ; on peut juste voir s’il s’agit d’un ou de plusieurs gros sans plus ; je n’ai aucune idée de ce que peut penser un opérateur de salle de marché ou quelle est la nature de sa stratégie ? Ce n’est pas la peine de se faire des films personne ne sait précisément ce qui se passe sur les marchés et le trading en level II ne permet pas d’y voir beaucoup plus clair car il y a trop d’intervenants aux intentions contradictoires : s’agit-il d’une accumulation discrète de titres par de grosses mains avant la hausse, ou s’agit-il d’une distribution progressive de papiers des gros vers les petites mains avant une forte baisse à venir ? Le carnet d’ordres comme le marché c’est le chaos.